Mes lectures d’été

Billet rétrospectif. Un peu de soleil en janvier

Comme chaque début d’été, je suis toute à ma joie de profiter de mon temps libre pour me plonger dans mes lectures et je me plais à vivre au rythme des aventures qui peuplent mes romans. Je partage aujourd’hui trois d’entre elles. Au fil des pages je me promène dans les jardins paradisiaques du bungalow d’un propriétaire de plantation de thé en Inde, paresse au côtés de Marguerite Duras dans sa maison à Trouville-sur-mer et me perd dans la forêt merveilleuse, révélée à travers les mots de Peter Wohlleben. 

Ecrire – Marguerite Duras – 1993

La première page tournée du bout des doigts, curieuse, me transporte dans la maison de Neauphle, la fameuse : lieu de tous les soupirs, véritable refuge de Marguerite Duras. Je me déplace sur la pointe des pieds et découvre le lieu au fil des mots de sa propriétaire. Elle se révèle de confidences en aveux et l’écriture n’est plus qu’un prolongement de sa pensée, de ses propres réflexions qu’elle dévoile sans pudeur. Je l’écoute, silencieuse. La mort d’une mouche devient un évènement que l’on analyse et décortique avec sérieux et gravité et qui donne lieu à un retour à soi, une remise en question inattendue. C’est un roman de coeur à coeur. Je m’émerveille devant la plume, le style composite et emblématique d’une femme pour qui la littérature a tant compté, qui a tant aimé l’écriture et que l’écriture a tant aimé. 

Je suis heureuse et satisfaite une fois de plus, des goûts du hasard si le hasard existe, qui m’a conduite à prendre ce livre lorsque je flânais dans les rayonnages de la bibliothèque et ne saurais trop le recommander à celui ou celle qui, férue d’écriture, souhaiterait découvrir la plume unique de cette grande dame. 

Mes soeurs et moi – Judith Lennox – 2014

Tourbillon d’affres, d’espoirs, de pleurs et d’effusion ; de fêtes, de joies, d’amour et de frissons. Les chapitres m’invitent et je me glisse silencieusement dans les pas de quatre destinés, de ces soeurs qui ne sont pas les miennes mais que j’aime déjà tant. Et j’en découvre les rêves, illusions et grandes espérances à l’aube de la tempête : la première guerre sombre et dévastatrice qui gronde et menace le XXème siècle. Le souffle court, j’attends, j’espère, je ris et je pleure au rythme des coups de tonnerre et des tourments voilés, des mots ensoleillés et insouciants qui préludent à l’orage et aux grands déchirements. J’assiste en spectatrice à ce que la famille, (les Maclise), a de plus beau et de plus sacré, à son existence-duel entre bon- et malheurs. Je me réjouis de la femme qui malgré les revers de ce siècle troublé s’épanouit et se révèle, porte et révolutionne la société. 

J’aime les récits qui s’enchâssent et les histoires qui évoluent en parallèle et multiplient les aventures. J’aime ces lectures pendant lesquelles le temps n’a plus de réalité concrète et les heures filent sans que l’on ne s’en aperçoive. Ce livre est simplement captivant ! 

La vie secrète des arbres – Peter Wohlleben – 2017

Cette fois-ci, c’est à l’orée d’une futaie de hêtres centenaires que les mots me conduisent. Des raies de soleil traversent l’épais couvert végétal. Les ramures et le feuillage délicat se dessinent sur le ciel en demi-teinte comme une douce aquarelle dans laquelle les arbres sereins se murmurent des paroles inaudibles. Au fur et à mesure que j’avance dans ma lecture, la forêt prend vie, se densifie et se révèle peu à peu sous mes yeux éblouis. La frondaison, la faune microscopique et la biomasse n’ont alors plus de secret et c’est tout un monde insoupçonné que je découvre, émerveillée. Voilà bien longtemps que je n’avais pas lu un livre aussi passionnant ! 

La mémoire des embruns – Karen Viggers – 

Mes yeux curieux caressent les beaux mots de ce titre qui m’appelle et déjà le sentiment que ce livre m’attend, me conforte et m’invite à en lire les premières pages et me plonge dans les tourments et les douceurs de la vieillesse, de la mort qui murmure à la vie sur le bord du chemin que la rencontre approche. Je découvre Mary, ses regrets et sa terre tant aimée, sauvage et mystérieuse, l’océan dense et obscur et l’amour tourmenté, passionné. Je me suis laissée séduire sans y penser et gagné par la mélancolie sitôt la dernière page tournée.  

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